Après 4 mois aux philippines dont 3 longs sur l’ile de Boracay, il était temps pour moi de quitter ce pays car mon visa, renouvelé déjà une fois, venait à son terme. J’ai passé quelques jours à Banaue au nord de manille ou se trouvent les fameuses terrasses. Depuis 2000 ans les gens cultivent le riz sur les flancs des montagnes. Retour au vert et au calme ici, après avoir vécu l’eau bleu turquoise, le sable blanc et la fournaise touristique mais aussi les tirages de cheveux, et le cauchemar à travailler là bas.
Moment ou l’on s’apaise et l’on reprend contact avec la nature, les sons et les parfums en se promenant tout à son aise sans personne qui vous agresse tous les 10 m vendant des copies de lunettes, des colliers fait de coraux (illégaux) et je ne sais quelles babioles encore.
Après ce bol d’air de moyenne montagne, retour à manille, la polluée et survoltée capitale, mais ce, pour seulement 2 petites journées avant de prendre le MANILLE - KOTA KINABALU, l’avion libérateur…
Cependant, lorsque que l’on se pose pour une moyenne/longue période, on perd un peut les reflexes du voyageur, même les plus basic…
Voici l’histoire d’un oubli simple, mais important qui mène à un très gros stress et à des choix qui peuvent être plus dangereux que bénéfiques…
Je me réveil, il est samedi aux environs des 9h, le dortoir est presque vide. Oouais !! C’est le dernier jour !! Je prends l’avion aujourd’hui vers 18h30 pour la Malaisie !! D’ailleurs je revérifierai l’heure sur le mail de confirmation. Je dois faire mes sacs et soulager mon menhir car j’ai payé pour 20kg. Ce qui est bien avec AirAsia, c’est qu’on peut choisir le poids des sacs que l’on veut mettre en soute. Cela fonctionne par forfait ; 15,20 ou 25 Kg. Par contre au moment de l’enregistrement en cas d’erreur je devrais payer une taxe pour surcharge…donc je vais repartir le surplus entre mon petit sac à dos et un autre qui contiendra mes bouquins cela devrait aller...et en cas de dépassement je ferai un joli sourire à la demoiselle et ca devrait passer… Je n’ai pas grand-chose à faire à part échanger l’excès de monnaie (péso) en euros. En fait c’est l’argent que j’ai mis de côté en travaillant pendant les 3 mois.je prend donc mon temps. Je vais garder 1000 pesos pour la taxe de l’aéroport et les quelques 200 autres que j’ai pour le taxi que je prendrai un vers 15h cela sera suffisant. Cependant une légère impression est derrière la tète mais sans pouvoir l’identifier. Quelque chose ne tourne pas rond mais en même temps cela reste très léger…pour y prêter suffisamment attention…
Je vérifie l’heure et surprise ce n’est pas 18h30 mais 18h00. Bon, j’ai bien fait de relire...ca devait être ca mon impression ?...
Et je pars pour manger et me « promener » dans un mall (prononcé ‘’maule’’ ; énorme centre commerciale à plusieurs niveaux) ou existe une librairie qui doit surement avoir quelques lonely planet (guide de voyage) sur l’Inde ou l’Indonésie.
Cependant en errant dans cette jungle de fashion victim (qu’est ce que je fais là d’ailleurs ?) cette sensation étrange reste en moi. Je me remémore le mail envoyé par la compagnie aérienne, quand j’avais réservé mon billet un mois auparavant par internet, comme quoi tous les vols décollaient depuis l’aéroport nommé Clark. C’est étrange qu’ils aient précisé cela. Est-ce que c’est le nouvel aéroport de manille ? En rentrant à la guesthouses je jetterai un œil à ce mail. D’ailleurs il 14h20 j’y vais.
14H47 Retour à la guesthouses avec une petite sensation au ventre grandissante, j’allume mon ordi, ouvre mes mails, relit et cherche l’adresse de cet aéroport mais aucune info.
Ca ne sent pas bon ca, je « google » et je tombe sur le site web. Je trouve pleins d’infos techniques sur les pistes, longueur, altitude mais toujours pas d’adresse !! c’e n’est pas bon signe. La sensation devient une boule dans mon ventre.
- Ahh je l’ai ! Mais ca reste vague. Bon, je note l’adresse sur un papier proprement (car les philippins sont gentils mais long a la détente mais ca, c’est une autre histoire…) et je demande à la réceptionniste si cet aéroport se trouve bien à manille tout en regardant ma montre indiquant 14h55, et essayant de trouver la réponse dans le lonely planet.
- Ha nonoon, il se trouve à angeles ! Sueur froide. L’aéroport se trouve à une centaine de kilomètre de là, dans une ancienne base américaine, carte sous les yeux.
- Est-ce que je peux y arrivait en moins de 3 heures ?!? tout en mettant mon menhir sur le dos précipitamment ?
- Oh nononn ! dit-elle en grimaçant…
La boule devient un boulet bien lourd. Pour moi il était hors de question que je rate cet avion, je ne veux pas passer un jour de plus dans ce p… pays.je décide d’y aller car mon guide parlait de 90 minutes. Pour moi c’était jouable.
- Pouvez-vous m’écrire le nom de la terminale de bus !? tout en finissant rapidement de me charger de mes sacs.
- Combien de temps met un taxi pour se rendre à la terminale !?
- Normalement 20 minutes mais aujourd’hui il y a une manifestation !
Ca y est, ca commence…deux touristes qui venaient juste d’arriver, confirmaient le blocage et estimaient à 40 minutes.
- Aiiie !! ca va être juste, il est 15h, 40 min de taxi ca fait le départ à 16h en bus, arrivée vers 17h30. Et j’ai 30 min de bonus. En théorie…
TOP CHRONO.
15H02 Je descends dans la rue rapidement et constate que cela bouchonne. Je suis le flux à la hâte mais je suis alourdi par mes sacs. Je cherche du regard un taxi libre car ils sont tous pleins comme par hasard. Je me pose au rond point tout en essayant de trouver cette terminale sur le plan mais elle reste introuvable. Je loupe un premier taxi vide d’ailleurs. Merde
J’attends, tous sont pleins. Le flux est très lent et même parfois bloqué.je ne trouve toujours pas cette p.. de terminale !je ne supporte de ne pas savoir ou je vais.
Je fais signe à un chauffeur, il s’arrêtait pour acheter depuis sa vitre, des cigarettes à un vendeur ambulant. « Je lui saute dessus », lui montre le petit papier avec l’adresse, il accepte. Je jette négligemment mon énoOOorme sac sur la banquette arrière ainsi que le petit et m’engouffre avec. Il avance de quelques mètres et m’annonce un prix exorbitant de 300 pesos à la normale c’est 100/120… avec le compteur.
- quoi ?? Déclenchez votre compteur !
- no non !
- déclenchez votre compteur !
- no non il y a une manifestation !!
- Vous devez déclenchez votre compteur!
- Nonoonono il y a la manifestation ca va etre long!!
- Ok vous perdez de l’argent! Tout en sortant péniblement mes sacs du taxi, je jure dans ma tête : p… de philippins !!
Bon cela ne me ressemble pas, cela fait parti du jeu mais après mon expérience à Boracay ma patience a été mise à rude épreuve...
15H10 Bon, retour à zéro je n’ai toujours pas bougé et les minutes courent !
Autre taxi, même scenario, il me propose le même prix, je saisi que vais devoir accepter. Je sauve 50 pesos (1 euro)dans la négociation…entre temps je localise la terminale sur le plan.
Je lui demande aussi gentiment que je le peux, de faire au plus vite…mais voila ca bloque… et rien n’avance.je commence à souffler doucement et Je calcule le temps dans ma tête et les scenarios possibles :
1- Tout se passe bien j’ai l’avion et je suis libre.
2- J’arrive trop tard, je prends le vol prochain. Non c’est le dernier, m…de !
3- J’arrive trop tard, et j’essaie d’avoir un vol pour demain en essayant de ne pas payer un autre billet. Et je dors dans l’aéroport car Angeles est la ville industrie du tourisme sexuel par excellence et il est hors de question je passe une nuit là bas.et c’est super cher !
Hmm cela doit être un petit aéroport en plus dans une zone militaire donc il ferme la nuit m…deuu..
Résultat : Il faut que j’ai cet avion à tout prix!!! Restons positif et cela va bien se passer.
Le chauffeur m’observant, me demande
- Où vous allez ?
- à l’aéroport Clark à Angeles, et je suis un peu en retard…
- je peux vous y emmener
- non ca y ira merci. Mais dans le doute et histoire d’avoir une référence, je lui demande le prix :
- 3000 pesos. Soit 50 euros. Il ne perd pas le nord.
- Non ca ira restons sur la terminale de bus.
Et la, je l’ai senti prendre son temps. Je le vois changer de rue. J’essaye de comprendre son intention en vérifiant sur mon plan en tournant les pages nerveusement. Il me regarde de temps en temps via son rétroviseur avec un regard pas très sure de lui.
- Le terminale et dans l’autre sens !
- Par là c’est bouché !
Les voitures sont collées les unes aux autres figées.je vois au dessus de ma tête le sky train (un métro aérien) en me disant qu’il aurait mieux valu que je le prenne car plus rapide, meilleur marché et surtout il va directement à la terminale.
15h35 Je comprends qu’il veut récupérer la voie expresse qui est bien chargée mais reste en mouvement. Un petit espoir apparait. Jusque la c’est encore jouable.
15h46 Je suis l’évolution avec mon plan pour me tenir prêt à bondir et sauter sur le bus.je le sens toujours lent dans c’est gestes. Ils vont vite quand ca les arrangent. C’est terrible, mais je ne dis rein pour ne pas empirer la situation. Le temps passe. Le dernier croisement approche mais il continu tout droit alors qu’il eu été supposé tourner à gauche.
- Ou allez-vous ?
- Je fais le tour ! tout en indiquant de la main
Grande inspiration profonde…..
15h53 Finalement à l’approche de la terminale j’essai de trouvés le bon bus car deux sont prêts à partir. Je n’arrive pas à distinguer depuis l’intérieur du taxi leur destination les inscriptions écrites sur le pare-brise sont trop petites.il stoppe, Je sors, m’extirpe et m’habille à la hâte de mes sacs.je demande au chauffeur d’attendre au cas où j’aurai besoin de lui sans lui laisser le temps de répondre.
Je marche vers un employé.
- Ce bus va à Clark ?
- Euhhh…
- Angeles !? Clark airport !?
- Euh oui oui.
- Non !non ! dit un agent de sécurité !
- Le dernier bus est parti à 15h30 !!
- Taxi ! taxi sir ?!! un homme cris dans mes oreilles.je l’ignore
Merde !!Merde merde !!
Le taxi veut être payé. Je Lui donne mes derniers pesos à hauteur de 245 pesos
- Non non je veux 300 ! refusant les billets.
- Il était convenu 250 !!
Et je lui donne 245 car je n’avais plus rien à part deux billets de 500 qui étaient réservés pour payer les frais d’aéroport. D’autant plus que j’attirai l’attention avec mes histoires…Enervé il s’en va. Et moi je me retrouve planté à revoir les options et à penser à ne pas faire n’importe quoi tout en cherchant du regard les éventuelles solutions, mais rien…
Et le temps qui court toujours...qu’est ce que je fais ?? Je tente ou pas. C’est jouable ou non ?
15h55
- Sir ? vous voulez aller à Clark sir? Un homme au sourire amusé portant une casquette, bras croisés.
- Hmmm oui !? devinant sa proposition.
- Je vous propose de vous y emmener pour 3000 pesos !
- Êtes-vous un taxi ?
- Non je suis un privé à qu’elle heure est votre avion ?
- 18h00! A cet instant il me regarde d‘une façon …étrange…
Là, dans ce genre de situation d’urgence, ne jamais faire ce que je décide de faire, avec un inconnu surtout que cela peut engendrer une bien pire situation. Cependant étant en Asie, et ayant un bon feeling avec ce monsieur :
- Je vous propose ma voiture, elle est neuve ! mon montrant de la main une voiture un peu plus loin.
- Combien de temps pour y aller ?
- 1h30 sir.
- Etes vous sure ?
- Oui !
- Donc ca fait 17h30 à l’aéroport ?!
- oui
- Ok 2000
- Nooo 3000 c’est loin ! je fais la moue l’air de me résigner à ne pas partir.
Et il me fait signe de le suivre de façon à s’écarter de quelques mètres des curieux qui s’étaient agglutinés tout en me rapprochant de sa voiture.
- 2000 lui dis-je une nouvelle fois.
- C’est loin, 3000… l’heure tourne !
- Ok je vous donne 50 US dollars. Ce qui fait environ 2500 pesos.
- Ok .je savais qu’il allait accepter car ils aiment bien les dollars. C’est lié à l’histoire du pays…
- Par contre si on arrive après je vous paye moins ! pas de réponse et je lui mets ainsi la pression.
Et hop j’enfourne mes sacs à l’arrière en prenant soin de verrouiller les portières.
A peine démarre t-il que je m’empresse de me présenter et demande son prénom et son métier histoire de savoir à qui j’ai à faire :
- Moi c’est robert. D’une réponse très posée.
- et quel est ton job ?
Avec un sourire, il m’annonce tout en montrant du menton une voiture blanche stationnée:
-je suis un PMP, Philippines Military Police, mais aujourd’hui je ne suis pas en devoir !
Il faut savoir qu’il y a beaucoup de corruption aux philippines …. Cela lui permet d’arrondir ses fins de mois et de fait de me sentir plus à l’aise tout prenant mon guide (la bible du voyageur) et vérifier malgré tout son itinéraire et ainsi lui montrer que je suis en alerte et qu’il a un objectif à atteindre…
- oh ! vous passez par le périphérique !?
- oui c’est plus rapide.
Et il prend l’affaire en main en zigue zaguant, sans règles aucune…
Cependant, le samedi partout dans le monde, les gens se rendent dans les temples de la consommation pour assouvir leur besoin frénétique de dépenser leur argent...Ce qui encombre le chemin de sortie de la capitale.
16H15 D’après ce que je vois sur le plan, nous avons parcouru ¼ du périph seulement ! Ce qui donne 1 heure pour sortir ! Et 30 min pour accomplir les 80 KM. Inutile de prendre la calculatrice pour réaliser que c’est infaisable…
- ca bouchonne ! histoire de garder la pression…
- l’autoroute est déjà proche...
Il essaye tous les coups pour gagner des places, coupe les lignes blanches, queue de poisson (normale dans ce pays).mais le temps court, très vitre et imperturbablement…
16H23 Je tente de rester positif ce qui va engendrer une issue positive mais cela reste dure avec l’enjeu: quitter ce p..de pays !!
16H34 Nous arrivons dans une zone hyper commerciale, les bus sortent de partout, les voitures des parkings, ca klaxon ca bloque, ca force le passage mais on reste collé ! Je le regarde depuis le début régulièrement et je le vois maintenant froncer légèrement les sourcils témoignant donc d’une certaine nervosité…
16h47
- est ce que l’embranchement est encore loin ?
- l’autoroute est déjà proche ! il m’a déjà dit ca il y a ½ heure…
16H55 Bref, après une heure passer à souffrir en silence, il fini par atteindre, l’entrée de l’autoroute, et avant le péage il m’annonce :
-vous devez payer le péage ! ca fait 150 pesos
-quoi ?? C’est compris dans les 50 dollars !
-non non, car je vais payer le retour !
Silence. Décidemment ils vont me sucer jusqu’au bout ces philippins !! J‘ai bien fait de garder un peu plus…
Bon, histoire de gagner du temps au péage je fais de l’échange avec lui car un billet de 500 c’est trop gros. Là, je suis à sec. J’ai juste de quoi payer la taxe d’aéroport.
17H01 Nous franchissons la barrière de péage. Enfin la 1ere étape est faite un poids de moins. Espoir vite atténué car l’autoroute est aussi chargé et un panneau indique 75 Km.75 Km à parcourir en moins de 30 min.
GGGggrrRRRRR !!! ca ne va pas dans le bon sens !!! Longue est profonde inspiration…Restons positif, j’ai 30 minutes de « marge ».puisque l’avion décolle à 18h00 et je joue sur le facteur chance : il aura du retard.
Voila mon chauffeur à rouler au prés des autres voitures, doublant par la gauche, mais le plus souvent par la droite.je l’observe il est concentré et prudent il ne fait pas n’importe quoi non plus, donc les risques semblent minimisés. Je garde les yeux bien rivés sur la route cependant. Le rythme est vraiment saccadé ; Rapide, freinage, accélération avorté par un nouveau pilage, nouvelle accélération enchainée par un doublement par la gauche et dans l’élan, par la droite !
Il enchaine bien le garçon, il anticipe, combine les taches. Je suis surpris…pour un philippin…
17h11 deux véhicules nous doublent ils sont plus rapides que nous !hmm il pourrait aller plus vite alors !! Et il se met à les suivre nous ouvrant ainsi le passage. Providence ?
Les deux véhicules roulent bizarrement. Le premier, un van, est sur la voix de gauche mais le second, un gros 4X4 noir aux vitres également noires, roule à chevale sur les deux voix collant de très très près son prédécesseur. Il a un gros autocollant sur la vitre arrière indiquant un nom.
- C’est quoi le nom ?
- C’est un officiel du gouvernement !
- C’est pour ca qu’ils roulent vite ?
- Oui.
- Peut être vont-ils a Clark !? en souriant.
Nous voila à les suivre zigue zagant, doublant par la droite, la gauche et donnant ainsi un ton supérieur.
17H26 Mais tout à une fin, après 15 minutes, les véhicules sortent à une station de péage et il ne reste pas moins de 35 bornes encore! Bon je vois que le capitale « bonus temps » va être bien entamé. J’ai la pression, lui aussi.
17H30 les deux voix se trouvent soudainement complètement chargées. Que se passe t il ? Des plots de travaux maintenant séparent les deux voix. Nous sommes obligés de rester sur celle de gauche. Celle de droite va plus vite évidemment…puis nous sommes contraints de passer de l’autre côté de la rambarde de sécurité, ce qui nous fait rouler sur une voix à contre sens et lentement tandis que la voix de droite reste fluide et plus rapide !...aucune raison apparente justifie cette séparation mais il y en a forcement une… puis après quelques instant nous revenons du bon côté. Et nous repartons de plus belle. Je constate que, les véhicules dans l’autre sens, sont bloqués à l’arrivé sur la zone puisque leurs 2 voix se réduisent en une seule ce qui engendre un énorme bouchon. Et bien, j’ai de la chance, cela aurait pu être situation inverse… restons positif !! Cela va continuer à aller dans le bon sens !! Allez, allez !
17H41 soudain il prend une bifurcation qui débouche à un péage. Enfin. Et rapidement après le rond point suivant il s’engouffre… dans la ville. Mais ce n’est pas indiqué sur le plan ! Et on se retrouve… bloqué ! Oh non, ce n’est pas possible ! Jusqu’au bout il va y avoir des obstacles !!!
- C’est encore loin ?
- Non, non juste après quartier dans la base militaire.
17H45 désespéré, je vois les tricycles (mototaxi) nous doubler les uns après les autres. Je devrais en prendre un, ca ira plus vite. Et la voiture redémarre lentement. Je regarde autour si j’aperçois d’éventuelles guesthouses en cas de « loupage » d’avion… et là, il tourne la tête pour me regarder et me dit avec un petit sourire:
- Votre avion décolle à 18h45.
- Comment vous le savez ?
- Ce matin j’ai conduit un touriste à la terminale de bus. Il m’a dit qu’il décollait à cette heure-ci. ..c’est pour cela qu’il a eu un sourire étrange pendant la négociation…
- Je ne crois pas, j’ai vérifié sur mon mail ce matin. Lueur d’espoir mais vite atténuée car ma source d’information est fiable. La sienne j’en doute. Je reste sur ma position tout en pensant à mon fameux facteur chance (le retard de l’avion) car mon « bonus temps » a explosé !
- Non je n’y crois pas, l’avion décolle dans moins de 12 minutes ! histoire de garder la pression
17H53 Nous sortons du bouchon et après deux rues, nous empruntons une grande ligne droite qui indique l’entrée dans la zone militaire qui est remplie de… dos d’ânes. Le rythme est nettement plus lent. Je reste perplexe et un peu désabusé. Complètement en fait !
17H56 La réponse à ma grande question approche. Vais-je ou ne pas vais-je l’avoir cet avion ?? Tel est le suspense.
17H57 Je prépare le billet de 50 dollars aussi discrètement que possible. J’veux qu’il essai jusqu’au bout. D’ailleurs il tente de rouler vite mais dans une zone comme celle la, il préfère la jouer soft. Je le comprends.
17H58 à 10 mètres, je vois une barrière qui bloque l’entrée. J’aperçois un homme qui se lève de sa chaise à notre approche. Là je pense à ce que je dois dire en cas de questions : « j’vais rater mon avion !! ». L’homme se penche pour nous regarder et soulève la barrière en nous faisant signe d’avancer. Robert ne s’est même pas arrêté.
17H59 il emprunte le petit rond point du parking et s’enfile sous le porche de l’entrée et stop devant la porte vitrée. Je sors rapidement, robert fait de même. Je m’habille une nouvelle fois de mes fardeaux et donne le billet de 50 dollars. Je lui demande d’attendre au cas ou… il me répond négativement.
REPONSE
18H00 je me tourne vers la porte vitrée dont les deux battants sont à demi fermés. Donc je ne peux pas entrer. Ce n’est pas bon signe. Un gardien se trouve de l’autre côté me regardant d’un air étonné et surpris de voir un voyageur arriver à cette heure ci. Ce n’est vraiment pas bon signe.
- Euh...j’ai un avion à prendre !! suis en retard !! pouvez leur dire de m’attendre !!euh… est ce qu’il a décollé ?? avec AirAsia !! bon malgré que cela soit dans le désordre il a compris.
Il se tourne et va, d’un pas tranquille et nonchalant, la casquette penchée sur le côté de son crâne, vers le fond pour vérifier. En même temps je repère les détecteurs pour les bagages qui sont en fait, juste de l’autre côté de la porte.au cas ou…
Puis Il revient et me fait signe de la tête d’un oui.
- Quoi oui ?? l’avion est parti ?? c’est bon ??
- Oui c’est bon entrez !
OUUUUUUF !! Quel soulagement ! Mission accomplie le facteur chance a joué l’avion est en retard! wooua 3 heures pour y arriver !
p…je vais quitter ce pays oouuuais !!!
OUI, mais ce n’est pas fini…
J’entre, tout est calme il n’y a personne à part le personnel à part 3 douaniers présents dont un devant l’écran. Je pose mes sacs dans le détecteur, vide mes poches de pleins de choses et passe le détecteur pour les humains.
- Bipbipbipbip !!
- merde qu’est ce que j’ai oublié ? ah oui la pochette « secrète » qui se trouve sous mon tee-shirt.
Je montre sous la demande le contenu, seulement quelques pièces de monnaie pour ma collection, collier et autres petits bijoux. Puis je fonce au check-in pour donner mon passeport à un garçon (mince ce n’est pas une femme) visiblement passablement irrité par mon retard.
- Euhh.. désolé, ca roulait beaucoup sur l’autoroute… dis-je l’air juste un peu gêné mais ayant surtout le sourire jusqu’aux oreilles. Puis je repars vers les douaniers qui me montrent doigt sur l’écran quelque chose d’anormale dans mon menhir.
- C’est quoi ? c’est une balle ?
- Hein ?? une balle ??non ! D’un air sure tentant d’échapper à l’ouverture du sac. Surtout que je n’en avais aucune idée de ce que cela pouvait être.
- Regarde qu’est ce que t’en penses ? Montrant à son collègue acquiesçant.
- Qu’est ce que c’est ? me demandant une nouvelle fois.
- Ben... je n’en sais rien !dis-je. Effectivement ca avait la forme d’une balle de fusil car longue et pointue. Il me fit signe d’ouvrir.
- Ooh non ! ils se mettent à rire. En générale je n’aurais pas été très heureux mais comme j’ai mon avion, je m’en bats les c….. . Sous leur attentive observation, je commence à ouvrir la poche du bas, qui est de taille moyenne contenant entre autres, différents, objets tee-shirts et ma trousse à pharmacie. Je l’ouvre avec précaution car se trouve à l’intérieur une seringue stérile. Je l’ai depuis 4 ans et elle pourrait m’être utile en cas de problème il vaut mieux avoir la sienne…par contre j’essai d’être discret. On ne sait jamais avec les douaniers, pour peu qu’ils m’accusent de drogué ! et je cherche à ce qui pourrait s’apparenter à une balle… mais rien. Il me demande de remettre le sac sans le contenu de la petite poche. Ce qui ressemble à un sac éventré avec son contenu gisant au sol. Là, mon sourire décroit légèrement car je vais devoir tout remettre.
- C’est encore dedans !! merde qu’est ce que c’est ? je jette un œil à l’écran mais cette ombre ne me dit rien. Je m’approche plus prés pour mieux voire et je distingue le spectre d’une fermeture éclair juste à côté. étrange qu’est ce que je peux bien avoir dans ce sac?? soudain :
- Ahhahaahhh ouii je saiiis !! ah oouais mais là noon!! ils rient de nouveau. Je viens de reconnaitre le plomb qui est attaché au bout de la ficelle de mon ballon que j’utilise en fin de plongé afin de signaler ma présence aux bateaux et de ma futur remontée. En fait c’est un plomb de pécheur qui est en une forme de cône….et il est dans l’une de mes poches de mon gilet de plongée lequel est au fond du sac, recouvert par tout le reste. Ce qui m’oblige à TOUT sortir. Ce qui fait moins rire le garçon du check-in venant voir ce qui se passe…il repart aussitôt agacé…résultat : tout le contenu se retrouve sur le carrelage de l’aéroport. Enfin je sors l’objet incriminé en leur montrant. Ils se le passent de main en main en riant. Avec un sourire, j’essai d’écourter en le choppant à peine arrivé dans la main du troisième douanier. Et je refais mon sac tant bien que mal et sur le point de le fermer, l’un d’eux me donne la seringue qui avait roulée ! gloups !
- It’s for drugs!? Me regardant dans les yeux.
- No no nono ! c’est en cas de problème pour les vaccins !! dis-je en souriant mais presque au jaune cette fois.
- Regardez mes bras, il y a rien !! et ils se mettent à rire une nouvelle fois que je prends pour un laisser passer. Je n’arrive pas y croire…
Puis je me dirige rapidement vers le check-in pour peser le gros bébé.
Je pose mon menhir gris sur la balance, moment de silence et… 26KG. Merde j’ai mal calculé.
Je tourne la tête vers le gentil garçon qui vérifiait en même temps que moi et me dit :
- Vous avez à payer la surcharge ! d’un air toujours aussi aimable.
- Oh nooon !! dis-je en prenant l’air abattu, épuisé, fatigué, éreinté et transpirant mais avec un sourire complice, enfin j’essaie…
- Non! Vous avez à payer la surcharge ! merde, mais j’ai encore une corde à mon arc…
- Hm, bon, c’est combien ? il s’en va dans une pièce à côté.et il en revient rapidement en m’annonçant :
- 1700 pesos !
- Ouuhla ! il ne me reste que 850 pesos mais c’est pour payer les frais d’aéroport ! lui montrant les billets. Sympa ma corde, non ? au lieu d’attendre et espérer qu’il abdique, je me la casse moi-même, la corde :
- Par contre j’ai des dollars, ca fait combien ? ben ouais, c’est ballot. il m’emmène donc d’un pas pressé dans un couloir débouchant dans une petite salle avec quelques guichets de change.il s’arrête au 1er. Et je demande :
- Bonjour madame, pouvez me dire combien font 1700 pesos en dollars svp ?
- 38
- 38 ? et merde ca fait cher pour 6 Kg de trop. (6.33 US/Kg, pour ceux qui veulent savoir). Je n’ai même pas le temps de chercher les billets qu’il me dit :
- C’est bon. Venez. Je le suis, content d’échapper à la surtaxe !! par contre je n’ai pas compris ce qu’il c’est passé. Et je ne préfère pas lui demander.
- Merci. d’un ton poli et gratifiant…et toujours avec mon sourire.
- Hhmmppff. Répond t-il en oscillant la tête d’un air dégouté…
Je récupère mon petit sac à dos un autre petit et un sac plastique dans lesquelles se trouvent mes chaussures de randonnées et je me dirige vers le guichet n°1 afin de m’acquitter, et cette fois-ci sans espoir de resquiller, de la taxe de départ qui s’élève à 800 pesos. Ce qui est tout simplement du vol…
Et enfin, le guichet n°2 qui dit que l’histoire d’amour entre moi et ce pays est terminé en me donnant un joli tampon de sorti sur mon passeport ! Mais avant de franchir une porte et de pénétrer dans la salle d’embarquement, je jette un dernier coup d’œil et, au loin, je vois toujours mon menhir à la même place. J’entre dans la salle en voyant les passagers la quittant seulement pour rejoindre à pied sur le tarmac, l’avion qui se trouve à une vingtaine de mètres de là. Tout en rattrapant les derniers, je regarde sur le côté et j’en déduis que la porte grise que je vois, donne sur le check-in où mon sac doit encore s’y trouver. Me voyant arriver à son niveau, le gentil garçon semble se rappeler quelque chose et donne un ordre à un homme que je suppose être un bagagiste.
- Avez-vous embarqué mon sac à bord ?
- Votre sac est déjà dans l’avion. D’un ton très sure de lui. J’en doute fort. Et je vois un petit véhicule rouler vers cette fameuse porte grise pendant que je monte tranquillement la nacelle métallique. Je stoppe à mi-parcours pour attendre et observer. Finalement, le bagagiste ressort avec mon sac et le pose dans le véhicule puis revient en essayant d’être le plus discret possible... .
- Bonjour bienvenue à bord, puis-je voir votre ticket ?
- Oui bien sur.
- votre siège est sur la 7e rangée à gauche.
- Merci
Hmmmm ! Quel délice de marcher dans l’allée et de trouver sa place, de mettre ses sacs dans les compartiments. Mais le meilleur, c’est le moment où tu t’assois tout en douceur en te disant avec toujours le sourire aux oreilles: i did it !! Je l’ai fait !! Yes!! Ca n’a pas été facile mais j’y suis arrivé !
En espérant avoir était amusant merci d’avoir lu cette petite aventure.
Bruno.
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